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Qui est Juif ? Le Juif est-il croyant ? Le sioniste est-il un Juif au sens biblique ?

Jusqu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle, les termes « Juifs » et « adhérents au judaïsme » étaient pratiquement synonymes60.

Cette identité religieuse n'était pas absolue. Ainsi, selon Daniel Boyarin, une interrogation sur la distinction entre la notion de Juif et de judaïsme existait dans l’Antiquité après Platon chez les Juifs hellénisés d'Alexandrie61. De même, la halakha (loi religieuse juive orthodoxe) n'impose pas la pratique religieuse pour appartenir au peuple juif, puisque pour elle, même un Juif converti à une autre religion reste Juif62.

Cependant, ces idées restaient marginales ou théoriques. Le « peuple d'Israël » étant censé avoir été voulu par Dieu pour recevoir Ses préceptes, séparer les deux notions n'avait guère de sens dans des sociétés traditionnelles très marquées par la religion. Les formes prises par cette religion à travers l'histoire et l'espace ont cependant été diversifiées (judaïsme orthodoxe, karaïsme, Falashas).

À compter du XVIIIe siècle, apparaît en Occident le mouvement des Lumières. Celui-ci, sous l'influence des philosophes français, prétend fonder une pensée politique et sociale dégagée du religieux (mais pas forcément anti-religieuse). Dès la fin du XVIIIe siècle apparaît le versant juif de ce mouvement, la Haskala. Prônant des valeurs profanes, elle suscite de nouvelles interrogations, chez les Juifs et chez les non-Juifs, sur les éventuelles définitions non-religieuses du fait juif.

Bien qu'il ait longtemps été le trait considéré comme déterminant pour les Juifs, le judaïsme n'est pas une entité monolithique, ni même unitaire.

Avant le VIe siècle AEC, la Bible parle d'Israélites polythéistes, syncrétistes, idolâtres, priant uniquement Baal ou d'autre dieux « étrangers », ce qui est confirmé au moins en partie par l'archéologie (cf. supra). Il n'existe donc pas à l'époque de religion unifiée, et le fait israélite apparaît plus comme « national » que comme strictement religieux.

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Qui est le messie juif Sabbataï Tsevi ?

Sabbataï Tsevi, un Juif d'origine espagnol né à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie) se proclama le messie attendu par les Juifs en 1648, à l'âge de 22 ans. Il s'appuyait sur une interprétation contestée du Zohar (un livre de mystique juive), selon laquelle l'année 1648 devait voir la rédemption du peuple juif.

L'année 1663 est une année de bascule pour l'action de Sabbataï Tsevi. Jusqu'alors leader d'un petit groupe suspect aux yeux des rabbins, il obtint à compter de cette année un retentissement croissant à travers le monde juif.

En 1665, un de ses proches, Nathan de Gaza, annonça que l'année suivante verrait le début de l'ère messianique et que Sabbataï Tsevi ramènerait les dix tribus perdues d'Israël en Eretz Israël (la Terre Promise).

L'exaltation religieuse atteignit son comble dans des masses juives souvent misérables, rêvant d'une libération et d'une vie transfigurée. À l'inverse, les autorités rabbiniques restaient généralement réticentes ou hostiles.

En 1665, Sabbataï Tsevi fut reçu comme le messie par les Juifs d'Alep, puis de Smyrne, sa ville natale. Son pouvoir sur les masses juives devenait immense. Il déposa le grand rabbin de Smyrne, Aaron Lapapa, et le remplaça par Hayyim Benveniste. Des rabbins se rallièrent.

Dénoncé aux autorités ottomanes par les responsables de la communauté juive locale comme étant un fauteur de troubles, Sabbataï Tsevi fut arrêté par les autorités ottomanes en 1666. En septembre 1666 il accepta de se convertir à l'islam sous le nom de Aziz Mehmed Efendi.

Sabbataï Tsevi eut par la suite une attitude ambiguë, justifiant sa conversion par un ordre divin, mais conservant certaines pratiques juives et kabbalistes qui lui vaudront finalement son exil par les autorités ottomanes.

Le choc à l'annonce de la conversion de Tsevi fut immense, et la déception fut à la hauteur de l'espoir indescriptible qu'il avait soulevé. Beaucoup attendirent quelque temps, pensant à un bref épisode. Mais progressivement, la plupart de ses fidèles abandonnèrent Sabbataï Tsevi.

En Europe, les espoirs nés de la prédication de Sabbataï Tsevi n'avaient pas totalement disparu, et ce sont ces souvenirs qui expliquent la résurgence partielle du mouvement, dans l'Europe Orientale du XVIIIe siècle, sous la conduite d'un nouveau Messie auto-proclamé : Jacob Franck.

En Turquie, certains décidèrent de rester fidèles à Sabbataï Tsevi et le suivirent dans sa conversion. Bien que Tsevi soit généralement présenté comme leur fondateur, et qu'eux-mêmes le considèrent ainsi, il ne semble pas que Tsevi ait joué un rôle direct dans la création du groupe. Celui-ci semble s'être en fait auto-organisé au sein d'anciens partisans de Tsevi. Ce dernier serait ainsi plus leur inspirateur que leur réel fondateur.

C'est alors que nacquit le "Dönme" . Le terme se réfère plus spécifiquement à un groupe religieux d'origine juive, mais pratiquant extérieurement l'islam depuis le XVIIe siècle. Les termes Selanikli (ceux qui sont de Thessalonique), ou Sabbatéens (du nom de Sabbataï Tsevi, leur inspirateur) sont également utilisés.

Pour les Dönme, la conversion de Tsevi a eu une signification religieuse particulière, plus spécifiquement une signification kabbaliste. La Kabbale est une tradition mystique juive qui se présente comme une « loi orale et secrète » complétant la Torah, et où le sens caché ou secret du message de Dieu doit être recherché. Dans cette optique, la pratique volontaire d'un niveau de religiosité plus ou moins secret (la pratique juive sous l'apparence musulmane) a pris un sens mystique. Conséquence de cette religion qui se veut secrète, les Dönme « sont restés entre eux, maintenant un secret absolu sur toutes leurs pratiques religieuses et leur comportement général. Notre connaissance des Dönme est donc assez limitée1 ».

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Différence entre Judaïsme et sionisme


 

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